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dimanche 23 janvier 2022

Je me souviens de Céline Roumégoux

 

Je me souviens


A la manière de Georges Pérec


Je me souviens est un livre de Georges Perec publié en 1978 aux éditions Hachette. C'est un recueil de bribes de souvenirs rassemblés entre janvier 1973 et juin 1977,

 



La petite mercerie de ma mère


Je me souviens des dentelles et des boutons, du galon et des caleçons,

Je me souviens de la petite vitrine de cordes et des lumignons qui l’illuminaient le 8 décembre.

Je me souviens des clientes exigeantes qui dérangeaient tous les rayons.

Je me souviens de la patience de la mercière et de son bon sourire.

Je me souviens de cette petite boutique de quartier qui n’existe plus.

Je me souviens de ce temps où tout le monde connaissait tout le monde et se parlait et se souriait et prenait son temps.

Je me souviens tellement…

 



La mangeuse d’hommes


Je me souviens d’un petit village italien, blotti sur la montagne,

Je me souviens des hommes, des mineurs joyeux.

Je me souviens de leurs rires et de leurs chants, le soir à la veillée.

Je me souviens des airs d’accordéon nostalgiques, des « O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao » et des rides des plus âgés.

Je me souviens de leurs récits tragiques du fond de la mine, des coups de grisou, du dur labeur.

Je me souviens d’eux tous qui ne sont plus là, tous disparus, leur joie envolée, volée par la silicose.

Je me souviens qu’ils s’appelaient Amédéo, Mario, Guido, Antonio…

Je me souviens de leurs tombes dans le petit cimetière de Zorzone et du chagrin de leurs femmes, de leurs filles,

Je me souviens tellement...

mardi 8 septembre 2020

Tempêtes de Christian Martinasso, extrait de Missives Bleues, Éditions Maïa (à paraître)

 

Tempêtes

 

À l'avant, sur la proue d'un mythique drakkar viking, le visage fouetté par des embruns de mots salés, j'affronte des tempêtes de vagues en furie, pour, malgré les éléments déchainés, remonter, à la force des bras de rameurs musclés, rythmé par des tambours épais, sur des roulements sourds, les courants qui ne veulent que m'éloigner du refuge de mon rêve emprisonné.

 

L'image chamarrée de son visage angélique se dessine par esquisses entre les nuages noirs qui veulent assombrir les cieux qui enveloppent mes pensées masquées par d’épais barreaux forgés.

 

L'embarcation, accompagnée de milles sirènes bondissantes, brave cet océan fou qui, jamais, ne pourra dresser d'obstacles suffisants pour briser mon désir de rejoindre l'ile paradisiaque.

 

 

Après des jours d'obscurité, enfin, le soleil perce les cieux et, camouflées derrière un triple arc en ciel, apparait, à l'horizon, les rivages ou, reposé, je pourrai refugier ma passion enchainée depuis des jours et m'abreuver du visage de cet espoir libéré.

 

Écrivain en manque de toi, qui, penché en avant, avance contre des vents sombres pour émerger bientôt en pleine lumière, entre les bras cette noble aspiration si attendue.

 

(Texte extrait de Missives Bleues de Christian Martinasso Éditions Maïa (à paraître))

 

mercredi 22 novembre 2017

Le numéro de la discorde (historiette)

Le numéro de la discorde

Il était sorti très vite, le café tiède à peine avalé. L’air du matin l’avait happé. Le temps de traverser le jardin, une pluie brutale se mit à le cingler. Il venait de mettre le contact, quand ... il se souvint de “l’Oubli“.

Il se dirigea vers la maison. La clef si bruyante dans la serrure allait faire japper Mélinda. Cela réveillerait tout le monde. Cependant, la pluie tambourinait déjà contre les vitres, prélude du concert !
Il se mit à parler tout doucement à la chienne postée derrière la porte d’entrée, fit jouer la clef en douceur, tenta de contrôler l’inévitable grincement des gonds mal huilés.

Il avança sur la pointe des pieds, flattant d’une main le museau affectueux.

Où avait-il bien pu laisser ce papier avec ce numéro noté ?
Il refit son parcours habituel. Les toilettes : non ! La salle de bains : rien ! La cuisine : néant !
Dans le séjour, Marthe était en train de taper le 118, la tête pleine de questions et le papier posé près d'elle...




Il se figea sur place.

Céline Roumégoux

mardi 16 juin 2015

Le parler des gones



Bienvenue à Myrelingues

Guignol et Madelon

        
         - Arrête de bajafler, fenotte, chasse plutôt les bourrons qui sont sous le lit !

         - Grand marque mal, comment veux-tu que j’y fasse, je me suis pas mise en sale !

         - Au lieu de te petafiner la gaugne comme Carimentran, tu ferais mieux d’y faire, pace que même le miron y n’ose plus se cacher dessous.

         - T’es dur de la comprenette, ça fait deux heures de temps que je me prépare pour aller trabouler à la Croix-Rousse.

         - Ben, il faudra prendre du souci si tu veux attraper la ficelle.

         - Qu’est-ce t’as dans le coqueluchon ? Je vais décaniller, pas la peine de chougner.