Poésies ou fictions. Théâtre ou fragments autobiographiques. Émouvoir, faire rire, rêver ou réfléchir. Soyons, soyez des Plumes inventives !
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samedi 25 avril 2020
lundi 20 avril 2020
"Manques de toi" de Christian Martinasso
Manques de toi
Je suis en manque d'aveux de manques :
Tes mains, ton sourire, ta voix, ton regard me Manquent
En Manque de toi, je cherche ton odeur, tes mimiques, ton cou.
Ton image s'étiole en flamboyants lambeaux dans les limbes de mes songes.
Je cherche ta senteur, ta peau, tes épaules, ton dos, tes cuisses.
Je suis Tout en Manque de Toi,
En Manque de Tout Ton Toi,
Toi, Tu, Tout de Toi me Manque.
Je m'endors enroulé autour de mes rêves, enlacé d'images floues de ton corps dénudé.
Ta beauté, ton reflet esquissé dans un miroir, ton corps dévoilé, désiré, me Manquent.
C’est sensuellement, délicatement, agréable de retrouver cette passion de t’écrire, écriture qui me Manquait, jusqu’à cet instant, où je repose ma plume, apaisé d’avoir apaisé ce Manque de te dire, quel apaisement tu continues, sans cesse, d’apporter à chacun de mes Manques.
Textes extraits de Missives à sa Muse de Christian Martinasso Éditions Baudelaire parution 30/08/2019
Voir ICI
vendredi 28 février 2020
Le Plateau Grémone et ses hérissons, poème de Eliane Mévouillon
Le Plateau Grémone et ses hérissons
Il fait un quinze février de dimanche gris
Mais en atelier-peinture jamais d’ennui…
J’arrive en retard et ce n’est pas banal
Au moment d’une sieste-lecture matinale.
Nous voilà partis sur le plateau Grémone (1)
Situé à Entrevennes, au-dessus d’Oraison.
Passé le village et son cadre merveilleux,
Nous arrivons, enthousiastes, sur les lieux.
Les amandiers, annonciateurs de printemps,
Chargés de fleurs odorantes nous attendent…
Chut, il ne faut surtout pas le répéter
Il nous a fallu couper quelques branchées
Pour reproduire à coup de pinceaux
Qui le bois, qui sa courbe, sa fleur ou son arceau.
Entre bosquets et champs dodelinants,
Notre gigantesque hangar nous attend.
Nous nous installons contre ses bottes de paille
Pour faire croquis et menue ripaille.
Un petit vent aigrelet souffle, il ne fait pas chaud…
Mais on admire le paysage et on rit tout haut,
Comme des enfants pris en flagrant délit,
Tandis que Jean-Louis (2) , tel un suricate craintif,
Surveille le moindre bruit de moteur
D’un potentiel garde-champêtre veillant aux fleurs.
Pendant ce temps, les nuages se pelotonnent
Et quelques rares rayons de soleil se dégagent,
Nous laissant voir l’éclaircie lumineuse
Et des couleurs de jaune et de vert, radieuse.
Des pointes d’épées tranchent dans l’horizon.
Ce sont les cyprès d’une propriété de renom.
Le café ne suffit pas à nous réchauffer
Nous décidons de rejoindre notre atelier.
Petit arrêt sur le retour à nos arbres fleuris.
Cueillette de thym parfumé, espace à l’envi,
Amandes de la saison passée, restées à terre,
Quelques photos-souvenirs familières.
Alors que le soleil montre le bout de son nez,
Le plateau, habillé de lumière, fait son effet.
Va, que les nouveaux téléphones sont agréables !
« Tom Dooley » (3) nous réjouit de sa douceur affable.
Nous chantons cette vieille chanson
Et la dansons sur les pas d’un madison.
Endiablés de ce moment inédit et cocasse,
On invente dans l’auto tout un lot de frasques.
Les lavandes grises sont changées en hérissons,
Tous bien rangés en courbe sur les mamelons.
Il y en a des centaines, des milliers, une armée…
Le village et son écrin est bien gardé !
On passe l’immense propriété aux cyprès géants,
Celle du secrétaire de l’illustre Aga Khan (4).
Pour rire, on lui écrit une lettre qu’on dit tout haut,
Chacun inventant un prétexte pour recevoir cadeau.
Et nous voilà arrivés pour finir en peinture,
Aux teintes de roses, les fleurs et ramures,
Pour rendre à Giono ce qu’il avait prévu
De la couleur à Grémone pour habiter l’espace nu.
(Ecrit par Eliane Mévouillon alias Néelia le 19.02.20)
Notes :
(1) Pour l'utopie du plateau Grémone inspiré de Que ma joie demeure, « l'endroit où souffle l'esprit » de Giono, paru en 1935 voir ICI
(2) Pour Jean-Louis Carribou et le concept des balades littéraires voir ICI
(3) Voici la chanson qui nous a été inspirée par la vue d'une amie du groupe qu'on voyait de loin accroupie sous un amandier (pour sûr ramassant des amandes) mais qu'on a imaginée en train de faire une prière ! Spontanément la chanson est venue à ma bouche ! On s'est demandé pourquoi elle était si triste et ce qu'elle pouvait bien raconter. Voici l'explication par Philippe Clay.
(4) Aga Khan voir ICI
Photo de Denis Champollion
Il fait un quinze février de dimanche gris
Mais en atelier-peinture jamais d’ennui…
J’arrive en retard et ce n’est pas banal
Au moment d’une sieste-lecture matinale.
Nous voilà partis sur le plateau Grémone (1)
Situé à Entrevennes, au-dessus d’Oraison.
Passé le village et son cadre merveilleux,
Nous arrivons, enthousiastes, sur les lieux.
Les amandiers, annonciateurs de printemps,
Chargés de fleurs odorantes nous attendent…
Chut, il ne faut surtout pas le répéter
Il nous a fallu couper quelques branchées
Pour reproduire à coup de pinceaux
Qui le bois, qui sa courbe, sa fleur ou son arceau.
Entre bosquets et champs dodelinants,
Notre gigantesque hangar nous attend.
Aquarelle de Jean-Louis Carribou
Nous nous installons contre ses bottes de paille
Pour faire croquis et menue ripaille.
Un petit vent aigrelet souffle, il ne fait pas chaud…
Mais on admire le paysage et on rit tout haut,
Comme des enfants pris en flagrant délit,
Tandis que Jean-Louis (2) , tel un suricate craintif,
Surveille le moindre bruit de moteur
D’un potentiel garde-champêtre veillant aux fleurs.
Pendant ce temps, les nuages se pelotonnent
Et quelques rares rayons de soleil se dégagent,
Nous laissant voir l’éclaircie lumineuse
Et des couleurs de jaune et de vert, radieuse.
Des pointes d’épées tranchent dans l’horizon.
Ce sont les cyprès d’une propriété de renom.
Le café ne suffit pas à nous réchauffer
Nous décidons de rejoindre notre atelier.
Petit arrêt sur le retour à nos arbres fleuris.
Cueillette de thym parfumé, espace à l’envi,
Amandes de la saison passée, restées à terre,
Quelques photos-souvenirs familières.
Alors que le soleil montre le bout de son nez,
Le plateau, habillé de lumière, fait son effet.
Va, que les nouveaux téléphones sont agréables !
« Tom Dooley » (3) nous réjouit de sa douceur affable.
Nous chantons cette vieille chanson
Et la dansons sur les pas d’un madison.
Endiablés de ce moment inédit et cocasse,
On invente dans l’auto tout un lot de frasques.
Les lavandes grises sont changées en hérissons,
Tous bien rangés en courbe sur les mamelons.
Il y en a des centaines, des milliers, une armée…
Le village et son écrin est bien gardé !
On passe l’immense propriété aux cyprès géants,
Celle du secrétaire de l’illustre Aga Khan (4).
Pour rire, on lui écrit une lettre qu’on dit tout haut,
Chacun inventant un prétexte pour recevoir cadeau.
Et nous voilà arrivés pour finir en peinture,
Aux teintes de roses, les fleurs et ramures,
Pour rendre à Giono ce qu’il avait prévu
De la couleur à Grémone pour habiter l’espace nu.
(Ecrit par Eliane Mévouillon alias Néelia le 19.02.20)
Notes :
(1) Pour l'utopie du plateau Grémone inspiré de Que ma joie demeure, « l'endroit où souffle l'esprit » de Giono, paru en 1935 voir ICI
(2) Pour Jean-Louis Carribou et le concept des balades littéraires voir ICI
(3) Voici la chanson qui nous a été inspirée par la vue d'une amie du groupe qu'on voyait de loin accroupie sous un amandier (pour sûr ramassant des amandes) mais qu'on a imaginée en train de faire une prière ! Spontanément la chanson est venue à ma bouche ! On s'est demandé pourquoi elle était si triste et ce qu'elle pouvait bien raconter. Voici l'explication par Philippe Clay.
(4) Aga Khan voir ICI
dimanche 9 février 2020
L'envie, une vertu ?
L’envie, reine des vertus
ou le plaidoyer de la mauvaise foi
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs du Jury,
Si
je comparais aujourd’hui devant vous, c’est parce que j’ai succombé, dit la morale
chrétienne, au péché d’envie. Un péché capital selon le code reconnu par tous.
« Tu ne convoiteras pas le bien d’autrui, ni ses talents, ni ses
amours ». Telle est la règle pour sauvegarder la paix sociale. Mais, pour citer
Diderot, on nous a « prêché je ne sais quelle distinction du tien et du
mien ». Ou comme disait Rousseau « Le premier qui ayant enclos un
terrain s’avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples
pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. » Voilà, tout
est dit : « trouva des gens assez simples pour le croire. » Là est
l’imposture.
Le
premier qui s’est accaparé du bien commun et a mis son nom dessus est le vrai
responsable. « La propriété, c’est le vol » confirmait Proudhon. La
fin du Paradis, c’était déjà ça. Eve vola la pomme de la Connaissance, elle
n’avait pas le droit, ce fruit était bien commun ou bien divin, c’est pareil et
avec cette femme cupide l’humanité a basculé dans l’Enfer.
Je
sais, vous allez me traiter de communiste et dire que cette idéologie-là a
montré ses carences. Mais précisément, c’est parce que l’envie est venue aux
dirigeants de s’approprier l’âme et les biens du peuple. Ce péché-là est vieux
comme le monde, c’est lui qui a fait notre grandeur comme notre malheur. Prenez
Charlemagne, Louis XIV, Napoléon : n’ont-ils pas eu envie de diriger le
monde, de le soumettre, de le posséder. Sont-ils des monstres ? Les
montre-t-on du doigt ? Ils ont fait la grandeur et l’unité de la France
disent les manuels d’histoire.
Alors,
qu’arriverait-il si l’humanité cessait d’avoir envie, si elle étouffait ses
désirs. Le mot est lâché : désir. Que font les moines bouddhistes pour qui
l’extinction du désir est le but suprême à atteindre pour échapper au samsara,
la roue des existences perpétuelles : ils ne font rien précisément. Ils
méditent et ils mendient. Ils ne sont pas agressifs, pas dangereux, ils sont
simplement inutiles. Tout ce qu’ils veulent, car il y a toujours un désir,
c’est que ça s’arrête. Tout, la vie, la renaissance, la mort. Ils aspirent au
néant. Ils nient l’humanité.
Alors
M. le Président, Mesdames et Messieurs du jury, j’ose affirmer que bannir
l’envie est un crime contre l’humanité, pire c’est une faute, un péché capital.
L’envie, le désir c’est le moteur de l’homme. Grâce à lui, l’homme aspire à la
connaissance, à la beauté, au bonheur, à l’amour, au confort. Sans lui,
l’humain baisse les bras, il s’enferme, se durcit, se dessèche. A quoi bon
vivre ? Car l’envie est la sœur de l’Espoir. Prenez garde, Mesdames et
Messieurs, de ne jamais tuer l’Espoir, « L’Espoir despotique »
comme disait Baudelaire.
Une
humanité désespérée est une humanité vaincue.
Examinons
à présent ce qui m’est reproché et vous conviendrez que ce n’est que broutille,
et que ce qui me portait, c’était le désir, l’espoir, sans lesquels l’homme ne
peut vivre.
Qu’ai-je
fait en réalité ? Vous dites que j’ai détourné des fonds à mon profit, que
j’ai suborné des édiles et des électeurs, que j’ai profité des largesses de la
nation et de la ville dont j’étais le maire. Cela fait des années que vous me
poursuivez de vos assiduités, que vous essayez de m’accabler et de me
déshonorer.
Maintenant
que je suis devenu un citoyen ordinaire, que je n’ai plus en charge la Nation,
que je suis vieux et que je ne désire plus rien car j’ai tout eu, vous voulez
me condamner. A quoi cela vous servira-t-il si ce n’est à assouvir votre envie
de vengeance, votre immense jalousie, vous qui resterez à jamais d’obscurs
personnages. Les livres d’histoire ne parleront pas de vous et cela, vous ne le
supportez pas. Mais les Français, eux, m’ont massivement soutenu, m’ont porté
au pinacle. Même les chansonniers ne parvenaient pas à me rendre antipathique.
J’avais la pêche, vous comprenez, l’énergie, l’envie, le désir, et j’apportais
à tous l’Espoir d’une France débrouillarde, roublarde, séductrice, triomphante,
vivante en un mot. La perfection fait peur, comprenez-vous. Voyez-les, les
vertueux, les frileux, les frustrés, ils deviennent des tyrans car il leur
manque l’essentiel : la recherche du plaisir, l’accomplissement de leur
désir.
Mesdames
et Messieurs, si vous me condamnez, vous ferez le procès de la Vie, vous serez
les auxiliaires de la Mort. Vous ferez de moi une victime et un symbole, et
vous ne ferez que briser temporairement l’Envie. Car elle renaîtra, plus forte,
plus dangereuse d’avoir été si sévèrement jugulée.
Prenez
garde à elle, car elle vous consumera si vous la combattez. Elle est le moteur
du Monde, même les Dieux nous l’envient !
(Céline Roumégoux)
mardi 21 janvier 2020
Lettre de démission
Mes chers enfants,
Cela fait des
générations et des générations que je vous protège, vous guide, vous remet dans
le droit chemin. Je suis attentif au moindre d’entre vous ; j’entends
toutes vos prières, vos colères. J’assiste, attristé, à toutes vos
ignominies : cruauté, avidité, désir de toute puissance. Je n’interviens
pas comme cela me serait possible pour vous empêcher de commettre
l’irréparable. Non, je vous souffle la voie du bien par le chemin de votre
conscience, mais je vous laisse libres. Sinon ce ne serait pas vous aimer, mais
vous diriger comme des marionnettes. J’espère sans cesse vous voir faire des
progrès, vous élever, vous purifier.
Certains d’entre vous y parviennent.
Comment vous décrire alors la joie de mon cœur de père ! Je me dis
« Cela vient petit à petit, l’homme est sorti de l’âge de pierre et de
fer, il devient chaque siècle plus sensible, plus généreux ». Tous ne
marchent pas d’un pas égal, bien sûr. Il y a des restes de barbarie dans vos
sociétés civilisées et quelquefois plus d’humanité dans les sociétés en voie de
développement, comme vous dites.
Mais malgré ces
petites satisfactions, les résultats sont plutôt médiocres, pire j’ai
maintenant le sentiment d’avoir failli à ma mission, à mon œuvre de créateur.
Longtemps, j’ai hésité comme un peintre déçu par son tableau et qui le détruit,
ou un écrivain qui déchire rageusement son dernier roman. Mais je ne suis pas
un destructeur, je sais que mon œuvre est vivante et je la croyais perfectible.
Seulement, je me
lasse, je suis trop affligé. Récemment, vous avez dépassé les bornes :
vous vous attaquez au reste de ma création : les plantes, les forêts, la
mer, les animaux, les rivières et jusqu’à l’espace que vous polluez et
encombrez de satellites. Votre planète brûle déjà.
Alors, cela
m’est insupportable. Je crois que je me suis trompé. Je vous ai fait trop
confiance. J’ai parié sur votre honnêteté et j’ai perdu.
Le cœur brisé,
mes chers enfants, j’ai donc décidé de me retirer, de vous abandonner.
Oui ! Je démissionne comme vous.
J’ai bien pensé
vous laisser quelques protecteurs compétents, comme vos anges-gardiens ou
autres archanges. Mais ils refusent tous de rester sans moi, ils disent qu’ils
n’auront pas la force de vous supporter et que, de toute façon, vous ne les
écouteriez pas.
Mes chers
enfants, je vous laisse vous débrouiller, vous êtes grands maintenant.
N’oubliez pas mes conseils. Peut-être, vous sachant seuls désormais, serez-vous
plus prudents, meilleurs, adultes, enfin
Mais je dois
vous prévenir, vous êtes désormais vulnérables comme jamais, d’autres
puissances chercheront à s’emparer de vous, au premier rang desquelles se
trouve l’Antique Satan. Mais je dois vous avouer une chose qui me fend le
cœur : je crois qu’il est déjà parmi vous.
Dieu.
(Ecrit par Céline Roumégoux )
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